Trenino Verde : le petit train vert qui traverse le cœur de la Sardaigne
Le Trenino Verde della Sardegna est un train touristique à voie étroite qui circule de façon saisonnière à travers l'intérieur sauvage de la Sardaigne, reliant villages de montagne, gorges fluviales et forêts de chênes-lièges que nul road trip ne saurait égaler. Sur des rails posés il y a plus de 130 ans, c'est moins un moyen de transport qu'une véritable expérience de voyage lent.
En bref
- Emplacement
- Réseau de 438 km à travers la Sardaigne ; principaux points de départ à Mandas, Arbatax, Macomer, Bosa, Palau et Tempio Pausania
- Accès
- Depuis Cagliari, prenez le service régional/métro jusqu'à Monserrato, puis les trains ARST en direction de Mandas. Chaque ligne a son propre point d'accès — consultez le site officiel selon votre trajet.
- Temps nécessaire
- Demi-journée à journée complète selon le trajet ; la liaison Palau–Tempio Pausania seule dure environ 3h30 dans un sens
- Coût
- À partir d'environ 15 € l'aller simple pour les trajets de base ; excursions avec déjeuner ou visite guidée à partir d'environ 59 € par personne. Vérifiez les tarifs en vigueur sur treninoverdedellasardegna.it
- Idéal pour
- Les adeptes du voyage lent, les photographes, les familles et tous ceux qui souhaitent découvrir l'intérieur de la Sardaigne sans voiture
- Site officiel
- www.treninoverdedellasardegna.it/en/homepage

Le Trenino Verde, c'est quoi exactement ?
Le Trenino Verde della Sardegna, officiellement la Ferrovia Complementare della Sardegna, est un réseau de lignes ferroviaires touristiques à voie étroite qui s'étend sur environ 438 km à travers la Sardaigne — ce qui en fait l'un des plus longs réseaux ferroviaires touristiques d'Europe. Les rails eux-mêmes ont plus de 130 ans : ils ont été posés à l'origine pour relier les communautés montagnardes isolées de l'île à ses villes côtières, acheminant minerais, bois et voyageurs à travers un terrain qui a résisté à la construction routière pendant des décennies.
Aujourd'hui géré de façon saisonnière par l'ARST (Azienda Regionale Sarda Trasporti), le réseau propose des services d'excursion plutôt que des trains de banlieue réguliers. Le calendrier change chaque année, avec des départs publiés à l'avance pour chaque ligne, généralement du printemps à l'automne. Il n'existe pas de train quotidien que l'on peut attraper à la dernière minute — il faut anticiper, choisir son itinéraire et réserver sa place.
⚠️ À éviter
Le Trenino Verde ne circule PAS toute l'année et ne roule PAS tous les jours. Les horaires et les lignes actives varient selon la saison. Consultez toujours le site officiel (treninoverdedellasardegna.it) avant d'organiser votre voyage en fonction de ce train.
Les itinéraires : choisir le bon trajet
Le réseau se divise en plusieurs lignes distinctes, chacune avec sa propre personnalité. Les plus connues sont la ligne Mandas–Laconi à travers les hauts plateaux du centre, la ligne Arbatax–Gairo le long de la côte ogliastrine et dans les montagnes, la ligne Macomer–Bosa qui descend vers la côte de la Planargia, et la ligne Palau–Tempio Pausania dans le paysage granitique de la Gallura, au nord de l'île.
La ligne Palau–Tempio Pausania est sans doute la plus saisissante. Le train parcourt moins de 60 km en environ 3h30, à une vitesse moyenne d'une vingtaine de km/h, grimpant à travers les forêts de chênes-lièges et les chaos granitiques. C'est le voyage lent dans sa forme la plus littérale : on observe les sentiers de bergers qui se faufilent entre les rochers, on entend le grincement des roues dans les courbes serrées, on sent le wagon tanguer au passage des petits ponts de fer enjambant les lits de rivières asséchés. La région de la Gallura qui entoure ce trajet abrite aussi quelques-unes des formations rocheuses les plus spectaculaires de Sardaigne — non loin de là, on peut découvrir la Valle della Luna près de Capo Testa, dont les formes lunaires en granite font écho à ce que l'on entrevoit par la vitre du train.
La ligne Macomer–Bosa descend du plateau basaltique du Marghine vers la vallée du fleuve Temo, pour aboutir dans la ville médiévale aux façades colorées de Bosa. Ce trajet est plus court et souvent recommandé aux voyageurs qui souhaitent avoir une destination forte à l'arrivée plutôt qu'une immersion dans la nature pure. La combinaison du trajet en train et de quelques heures dans le centre historique riverain de Bosa fait une excellente excursion à la journée depuis Macomer ou Nuoro.
À quoi ressemble le voyage ?
Le matériel roulant est historique. Les wagons sont compacts, avec des intérieurs en bois, de larges fenêtres conçues pour l'observation et une légère odeur de diesel qui se mêle aux senteurs d'herbes sèches et de résine qui s'engouffrent depuis l'extérieur. La ventilation est modeste. Les beaux jours de juin ou de septembre, les fenêtres restent ouvertes et l'on hume le myrte et le fenouil sauvage tandis que le train traverse la garrigue. Pendant les semaines les plus chaudes de juillet et août, ces fenêtres ouvertes sont à la fois une bénédiction et, au moment où le train entre dans un tunnel, une brève contrariété.
L'ambiance sonore est reconnaissable entre toutes : le cliquetis rythmé sur les joints de rail, le long coup de sifflet avant un passage à niveau, puis le silence entre les gares où le bruit du moteur s'atténue et laisse place au chant des oiseaux par la fenêtre. L'allure invite les passagers à se parler. Les jours d'excursions organisées, on retrouve souvent un mélange de familles italiennes, de passionnés de trains venus de l'étranger et de voyageurs sardes plus âgés qui retrouvent là une forme de transport dont ils se souviennent depuis l'enfance.
Les arrêts dans les gares intermédiaires sont courts et parfois presque théâtraux : un quai réduit à un banc, une fontaine et un panneau peint en vert et blanc passés. Personne ne monte, personne ne descend, mais la pause dure assez longtemps pour se pencher et photographier la ruelle de village déserte. Sur les trajets les plus longs, des arrêts programmés dans des bourgs comme Laconi ou Gairo laissent 30 à 60 minutes pour une exploration à pied avant que le train ne reprenne sa route.
💡 Conseil local
Réservez une place côté fenêtre du bon côté selon votre trajet — consultez la carte de la ligne en amont pour savoir quel côté offre les paysages les plus spectaculaires. Dans les descentes de montagne, le côté face à la vallée donne les meilleures vues.
Contexte historique et culturel
Les voies ferrées secondaires à voie étroite de Sardaigne ont été construites à partir des années 1880 et 1890 pour désenclaver l'intérieur de l'île, dont le relief montagneux et la faible densité de population avaient rendu la construction de routes particulièrement difficile. Le gabarit de 950 mm — plus étroit que la voie européenne standard — a été choisi pour réduire les coûts de construction à travers les vallées escarpées et au-dessus des gorges. À leur apogée, ces lignes transportaient le minerai des districts miniers sardes, le grain de la plaine du Campidano et le bois des hauteurs du Gennargentu.
À mesure que le réseau routier s'est développé au cours du XXe siècle, la fonction de transport utilitaire de ces lignes a décliné. Les services réguliers de voyageurs sur la plupart des itinéraires ont été progressivement supprimés à partir des années 1970. Plutôt que d'abandonner l'infrastructure, l'ARST a reconverti les lignes encore en état sous la marque Trenino Verde pour un usage touristique saisonnier. Cette décision a préservé quelque chose de rare : une infrastructure ferroviaire fonctionnelle traversant des paysages qui demeurent aussi isolés aujourd'hui qu'ils l'étaient à l'époque de la pose des rails. La Barbagia et la province de Nuoro que traversent les lignes centrales sont parmi les zones les moins densément peuplées d'Italie, un monde associé au pastoralisme sarde traditionnel et à l'identité culturelle de villages qui peuplent les romans de Grazia Deledda, prix Nobel de littérature originaire de Sardaigne. Ce monde, vous pouvez aussi le découvrir à pied grâce aux sentiers de randonnée de l'intérieur de la Sardaigne.
Mode d'emploi : comment réserver et monter à bord
Commencez par le site officiel du Trenino Verde della Sardegna (treninoverdedellasardegna.it), qui publie les lignes actives et les dates de départ bien en avance pour chaque saison. Les itinéraires sont généralement annoncés à la fin de l'hiver ou au début du printemps. Certaines excursions affichent complet les jours d'été les plus demandés, notamment la ligne Palau–Tempio Pausania en juillet et août — mieux vaut réserver tôt dans la saison.
Le partenaire commercial Sardinia Green Train (sardiniagreentrain.com) propose des excursions packagées combinant le trajet en train, des visites guidées de villages et un déjeuner dans un agriturismo local. Ces formules démarrent à environ 59 € par personne et valent la peine d'être envisagées si vous préférez déléguer la logistique. Les billets simples point à point commencent à environ 15 € l'aller simple, mais les tarifs varient selon la ligne et sont ajustés chaque saison — prenez donc ces chiffres comme une base de planification plutôt que comme un prix fixe.
Rejoindre les gares de départ demande de l'anticipation. Mandas, le hub des lignes du centre de la Sardaigne, est accessible depuis Cagliari via le service de métro régional jusqu'à Monserrato, puis les trains ARST vers l'est. Macomer se trouve sur le grand axe ferroviaire Cagliari–Sassari desservi par Trenitalia. Palau, point de départ de la ligne nord en Gallura, est proche du terminal de ferry pour La Maddalena et accessible en bus ARST depuis Olbia. Une fois que l'on comprend le réseau de transports en commun de l'île, les correspondances deviennent logiques. Pour s'y retrouver, le guide pour se déplacer en Sardaigne est une référence utile avant de commencer à assembler votre itinéraire.
ℹ️ Bon à savoir
Le Trenino Verde utilise un matériel roulant historique à voie étroite. L'accès sans marche n'est pas garanti et varie selon la ligne et le type de wagon. Les voyageurs à mobilité réduite sont invités à contacter directement l'opérateur au moment de la réservation pour clarifier les modalités d'accessibilité.
Photographie, météo et meilleure période pour voyager
La lumière dans l'intérieur de la Sardaigne est la plus dure entre 11h et 15h en été, ce qui correspond malheureusement au moment où de nombreux trains traversent les paysages ouverts. Les départs matinaux offrent une lumière plus douce et plus photogénique pendant la première heure ou deux. Sur la ligne Macomer–Bosa, la descente dans la vallée du Temo en fin de matinée baigne le fleuve dans une lumière qui se prête particulièrement bien à la photo. Un objectif grand-angle convient pour saisir l'atmosphère de ces intérieurs de wagons exigus mais plein de caractère ; un téléobjectif ou un smartphone avec un bon zoom est plus utile pour les prises de vue de paysages lointains à travers la vitre.
Septembre et début octobre sont généralement considérés comme les meilleures périodes pour ce type de voyage. La chaleur estivale s'est dissipée, la garrigue prend des teintes ambrées et ocre, l'activité de récolte est visible autour des villages, et la fréquentation des trains est moindre qu'en août. Mai et début juin fonctionnent aussi très bien : les collines sont encore vertes, des fleurs sauvages bordent la voie et la lumière est limpide. Évitez l'été si vous êtes sensible à la chaleur ; les wagons peuvent devenir étouffants. Pour un aperçu plus complet des conditions saisonnières à travers l'île, le guide de la Sardaigne en septembre traite très bien le sujet.
À qui ce voyage ne convient pas
Le Trenino Verde exige de la patience. Si votre style de voyage privilégie l'efficacité et la vitesse, la moyenne de 20 km/h du train et ses trajets de plusieurs heures seront source de frustration plutôt que de plaisir. Les équipements à bord sont spartites : des toilettes sont généralement disponibles, mais pas toujours au niveau du confort moderne, et les possibilités de restauration dans le train sont limitées. Lors des excursions packagées, la restauration est prise en charge aux arrêts, mais avec un billet simple vous devez prévoir vos propres provisions.
Les voyageurs souffrant de limitations importantes de mobilité doivent contacter l'opérateur avant de réserver, car les wagons à voie étroite et les infrastructures de gare varient considérablement en termes d'accessibilité. Les enfants réagissent généralement bien à la nouveauté du train, mais les très jeunes enfants sur des trajets à la journée pourraient trouver les longues distances entre les arrêts difficiles à supporter. Les trains ne sont pas climatisés au sens traditionnel du terme, et voyager en été avec des nourrissons nécessite donc une planification soigneuse autour de l'hydratation et de la protection contre la chaleur.
Conseils d'initiés
- Imprimez ou téléchargez votre confirmation de billet avant le départ — le personnel des gares rurales n'a pas toujours accès à une connexion internet fiable pour scanner les billets mobiles, et mieux vaut éviter de démarrer le voyage avec une confusion au portillon.
- Emportez un pique-nique pour tout trajet sans déjeuner inclus. Les arrêts dans les villages intermédiaires sur la ligne Mandas–Laconi sont courts, et les petites gares n'offrent parfois aucune restauration. Le pain plat sarde (pane carasau), le fromage local et les charcuteries se transportent très bien sans réfrigération.
- La ligne Macomer–Bosa se prête naturellement à une nuit à Bosa plutôt qu'à un aller-retour dans la journée. Le bus ARST de retour longe la route côtière et offre un point de vue radicalement différent sur les mêmes paysages.
- Renseignez-vous à la gare sur le type de matériel affecté à votre départ. Sur certains trajets, d'anciens wagons à parois ouvertes (carrozze aperte) circulent dans les sections panoramiques — l'expérience sensorielle est incomparable, mais sans abri en cas de mauvais temps.
- Les itinéraires disponibles changent d'une année à l'autre au gré du calendrier d'exploitation de l'ARST. Si une ligne que vous avez lue ailleurs n'apparaît pas dans les horaires de la saison en cours, elle est peut-être temporairement suspendue plutôt que définitivement supprimée — un e-mail à l'opérateur suffit à le confirmer.
À qui s'adresse Trenino Verde (Train vert) ?
- Les passionnés de train et de voyage lent qui privilégient le trajet à la destination
- Les photographes en quête des paysages intérieurs de la Sardaigne sans location de voiture
- Les familles avec enfants de 6 ans et plus qui apprécient le charme des trains d'époque
- Les voyageurs prolongeant leur séjour en Barbagia et dans la province de Nuoro et souhaitant mieux comprendre ces paysages
- Ceux qui combinent le train avec une destination précise : Bosa via Macomer, ou Tempio Pausania via Palau
Attractions à proximité
Autres choses à voir à Barbagia & Nuoro :
- Giara di Gesturi
Culminant à environ 550 mètres au-dessus de la Sardaigne centrale, la Giara di Gesturi est un plateau basaltique de 45 kilomètres carrés formé par les volcans de l'Oligocène. Forêts de chênes-lièges, zones humides saisonnières et une population extraordinaire de petits chevaux sauvages en font l'un des paysages écologiquement les plus singuliers de l'île.
- Gola di Su Gorropu
La Gola di Su Gorropu est un canyon karstique au cœur du massif du Supramonte, en Sardaigne, avec des parois qui s'élèvent à plus de 500 mètres et des passages aussi étroits que 4 mètres. C'est une destination de randonnée sérieuse qui récompense l'effort physique par l'un des paysages les plus saisissants de toute la Méditerranée.
- Monte Ortobene
Culminant à 955 mètres d'altitude près de la ville intérieure de Nuoro, le Monte Ortobene est une montagne boisée offrant des panoramas sur la Sardaigne centrale, une statue en bronze du Cristo Redentore et des sentiers à travers le maquis méditerranéen odorant. L'accès est gratuit, la route monte jusqu'au sommet, et l'atmosphère n'a rien à voir avec celle du littoral.
- Murales di Orgosolo
Orgosolo, petit bourg perché dans la région de la Barbagia, au cœur de la Sardaigne, a recouvert ses rues d'environ 150 fresques depuis la fin des années 1960. Accessibles à toute heure et gratuitement, les Murales di Orgosolo constituent l'une des expériences artistiques en plein air les plus politiquement chargées et visuellement saisissantes d'Italie.