Place de la Concorde : la plus grande place de Paris
Avec ses 8,64 hectares, la place de la Concorde est la plus vaste place de Paris, déployée entre les Champs-Élysées et le jardin des Tuileries. Ouverte en accès libre à toute heure, elle concentre plus de deux siècles d'histoire française autour d'un obélisque égyptien vieux de 3 300 ans.
En bref
- Emplacement
- 8e arrondissement, entre les Champs-Élysées et le jardin des Tuileries, 75008 Paris
- Accès
- Métro Concorde (lignes 1, 8, 12)
- Temps nécessaire
- 30 à 60 minutes à pied ; davantage si vous combinez avec les sites alentour
- Coût
- Gratuit — place publique en accès libre, sans billet
- Idéal pour
- Les passionnés d'histoire, les photographes et tous ceux qui arpentent l'axe des Champs-Élysées

Ce qu'est vraiment la place de la Concorde
La place de la Concorde est l'une des plus grandes places publiques de Paris, avec quelque 8,6 hectares à l'extrémité est des Champs-Élysées. Elle se trouve au carrefour de quelques-unes des perspectives les plus saisissantes de la capitale : à l'ouest, l'Arc de Triomphe emplit l'horizon ; à l'est, la colonnade des Tuileries cadre le Louvre dans le lointain ; au sud, au-delà de la Seine, l'Assemblée nationale se trouve exactement dans l'axe. Rares sont les endroits à Paris où il vaut autant la peine de simplement s'arrêter.
La place n'est ni un jardin, ni un marché, ni un musée. C'est une esplanade urbaine ouverte, faite de pierre et d'asphalte, avec l'obélisque de Louxor en son centre, deux fontaines monumentales au nord et au sud, et huit statues allégoriques disposées en périphérie. Cette ouverture est à la fois sa grande qualité et sa principale limite : en plein soleil ou par grand vent, il n'y a guère d'abri. Venez préparé.
💡 Conseil local
Le meilleur moment pour apprécier l'échelle et la symétrie de la place, c'est tôt le matin, avant que la circulation ne s'intensifie et que les groupes de touristes n'arrivent. En été, vers 7 h ou 8 h, vous pouvez vous poster au pied de l'obélisque presque seul et embrasser les quatre axes cardinaux du regard.
Une histoire écrite dans le sang et la pierre
La place a été conçue en 1755 par l'architecte royal Ange-Jacques Gabriel, à la demande du roi Louis XV, et s'appelait alors place Louis XV. Elle fut l'une des premières places royales construites en Europe avec des vues ouvertes plutôt que des colonnades fermées — un choix délibéré qui la faisait ressembler moins à une cour intérieure qu'à un décor de théâtre grandeur nature pour la ville elle-même.
Pendant la Révolution française, elle devint la place de la Révolution, et la métaphore théâtrale prit un sens sinistre. Entre 1793 et 1795, la guillotine y fut dressée. Le roi Louis XVI y fut exécuté le 21 janvier 1793 ; Marie-Antoinette le suivit le 16 octobre de la même année. Au cours de la Terreur, plus de 1 100 personnes furent décapitées ici, et 133 autres périrent piétinées. Les pavés absorbèrent une quantité extraordinaire d'histoire en un temps très court.
En 1795, à mesure que la période révolutionnaire s'apaisait, la place fut rebaptisée place de la Concorde dans un geste délibéré de réconciliation nationale. Le nom est resté. L'aménagement actuel — obélisque, fontaines et huit statues de villes — fut achevé entre 1836 et 1840 sous la direction de l'architecte Jacques-Ignace Hittorff, donnant à la place la physionomie que les visiteurs lui connaissent aujourd'hui.
L'obélisque de Louxor : 3 300 ans d'histoire en un seul monument
La pièce maîtresse de la place est un obélisque en granit rose haut de 23 mètres (piédestal compris), pesant plus de 250 tonnes. Il a environ 3 300 ans et était l'un des deux obélisques qui se dressaient à l'entrée du temple de Louxor en Égypte. Couvert de hiéroglyphes relatant le règne du pharaon Ramsès II, il fut offert à la France par Muhammad Ali, pacha d'Égypte, et érigé sur la place le 25 octobre 1836 devant une foule immense.
La prouesse technique qu'il a fallu déployer pour le transporter et l'ériger était remarquable pour l'époque, et le piédestal de la place est gravé de schémas expliquant précisément comment l'opération a été menée. Regardez attentivement la base : ce ne sont pas des sculptures décoratives, mais de véritables plans techniques. En 1998, le gouvernement français a coiffé le sommet de l'obélisque d'un pyramidion doré à la feuille d'or, en remplacement de la pointe originale dont on pense qu'elle fut volée au VIe siècle avant J.-C. Par un après-midi ensoleillé, l'apex doré capte la lumière d'une façon qui aide à comprendre pourquoi l'obélisque a suscité une telle vénération pendant trois millénaires.
ℹ️ Bon à savoir
Le second obélisque qui lui était appairé à l'origine se trouve toujours au temple de Louxor en Égypte. Le gouvernement français a formellement renoncé à tout droit futur sur cet obélisque en 1981.
Les fontaines, les statues et ce qu'il faut encore regarder
De part et d'autre de l'obélisque se dressent deux fontaines monumentales conçues par Hittorff entre 1836 et 1840 : la Fontaine maritime, orientée vers la Seine, et la Fontaine fluviale, orientée vers la rue Royale. Toutes deux sont ornées de sculptures en bronze représentant tritons, néréides et dauphins, signées de sculpteurs de renom comme James Pradier et Jean-Pierre Cortot. Par temps calme, lorsque les fontaines sont en marche, le bruit de l'eau est l'une des rares choses qui adoucissent le vacarme incessant de la circulation. Illuminées la nuit, elles comptent parmi les sujets les plus photographiés de la place après la tombée du jour.
En bordure de la place, huit figures assises en pierre représentent de grandes villes françaises : Brest, Rouen, Lyon, Marseille, Bordeaux, Nantes, Lille et Strasbourg. Installées en 1838, elles sont souvent négligées par les visiteurs qui se dirigent directement vers l'obélisque. Leur disposition n'a rien d'aléatoire : vue du dessus, elle forme une carte approximative de la France, les villes du nord étant placées au nord et celles du sud au sud. Sur le côté nord de la place s'élèvent l'Hôtel de Crillon et l'Hôtel de la Marine, deux bâtiments néoclassiques du XVIIIe siècle conçus par Gabriel. Le Pont Alexandre III est à deux pas vers le sud, le long de la Seine, si vous souhaitez prolonger la promenade dans cette direction.
La place au fil de la journée
Le matin tôt est sans conteste le meilleur moment pour visiter. Dès 7 h au printemps et en été, la lumière est douce et rasante, projetant de longues ombres depuis l'obélisque. La circulation est suffisamment légère pour entendre les fontaines, et l'échelle de la place s'impose d'elle-même plutôt que d'être engloutie par le chaos de la mi-journée. Pour les photographes, c'est souvent la seule fenêtre où les fontaines peuvent être cadrées sans voitures dans le champ.
Dès 10 h, la place se remplit rapidement, surtout en été, quand les cars de tourisme déversent leurs groupes du côté des Tuileries et que la foule des Champs-Élysées déborde. En juillet ou en août, la mi-journée peut être franchement pénible : les pierres renvoient la chaleur, l'ombre est quasi inexistante et la circulation crée un mur de gaz d'échappement et de bruit. C'est l'un des rares monuments parisiens qui soit réellement moins agréable aux heures de pointe, pas seulement plus fréquenté.
Après le coucher du soleil, les fontaines s'illuminent et la pointe dorée de l'obélisque brille sur un ciel bleu nuit. La circulation se fait plus rare en soirée en semaine, et la place prend une allure plus cinématographique. Le soir du réveillon, des foules immenses se rassemblent ici : la place se trouve dans l'axe direct du feu d'artifice traditionnellement tiré depuis l'Arc de Triomphe.
⚠️ À éviter
La place est ceinturée par huit voies de circulation actives. Pour la traverser à pied, utilisez impérativement les passages piétons balisés et restez très attentif — les conducteurs ne cèdent pas toujours le passage. Gardez les enfants près de vous et évitez de vous avancer sur la chaussée pour cadrer vos photos.
Comment bien visiter la place : parcours pratique
La plupart des visiteurs arrivent par la station de métro Concorde (lignes 1, 8, 12) ou viennent à pied depuis le Jardin des Tuileries. Depuis l'entrée côté Tuileries, l'obélisque apparaît centré sur un long axe encadré de marronniers — l'une des compositions urbaines les plus réussies de la ville. Approchez-vous du piédestal et lisez les gravures avant de lever les yeux : comprendre ce que représentent ces schémas rend tangible l'ampleur de l'exploit technique du XIXe siècle.
Depuis l'obélisque, faites lentement un tour sur vous-même à 360 degrés et identifiez chaque monument sur chaque axe : l'Arc de Triomphe à l'ouest, la colonnade des Tuileries à l'est, l'église de la Madeleine au bout de la rue Royale au nord, et l'Assemblée nationale au sud par-delà le pont de la Concorde. Cet exercice d'orientation distingue ceux qui se contentent de traverser la place de ceux qui comprennent ce qu'elle a été conçue pour démontrer : que Paris est lui-même une œuvre d'urbanisme composée et délibérée.
La place s'intègre naturellement dans des itinéraires plus longs le long du grand axe. En direction de l'est, le Musée du Louvre est à 15 minutes à pied à travers les Tuileries. En direction de l'ouest, vous êtes déjà sur les Champs-Élysées. Le Musée de l'Orangerie, qui abrite les grands panneaux des Nymphéas de Monet, se trouve dans l'angle sud-ouest des Tuileries — l'un des grands musées parisiens les plus négligés, et un prolongement tout naturel d'une visite de la Concorde.
Pour la photographie, la fontaine nord cadrée avec l'église de la Madeleine en arrière-plan à l'heure dorée donne l'un des clichés les plus atmosphériques de la place. L'obélisque photographié depuis le bas, en regardant droit vers le sommet doré, fonctionne très bien avec un objectif grand angle. Évitez de photographier depuis le niveau de la rue avec la circulation dans le cadre, sauf si vous souhaitez précisément documenter la place dans son état actuel.
À qui la place conviendra (et à qui elle plaira vraiment)
La place de la Concorde n'est pas un endroit propice à la flânerie. Il n'y a aucun café sur la place elle-même, aucun étal de marché, et presque aucun banc. Si vous cherchez un endroit pour vous asseoir, vous détendre et regarder Paris vivre, le jardin des Tuileries tout proche répond bien mieux à cette attente. La place est avant tout un monument à lire et à comprendre, pas un lieu où l'on s'attarde.
Les visiteurs qui s'intéressent principalement aux boutiques, à la gastronomie ou à la culture en intérieur n'auront guère de raison d'y passer plus de 20 minutes. En revanche, ceux qui abordent les villes à travers leur architecture, leur histoire politique ou leur logique urbaine la trouveront fascinante. L'histoire à elle seule — de place royale à site de guillotine, puis monument de la réconciliation — condensée en un seul espace qui n'a pas fondamentalement changé depuis 200 ans, est extraordinaire.
ℹ️ Bon à savoir
Un important réaménagement est en cours sur la place depuis 2026. Confié à l'architecte Philippe Prost (projet lauréat annoncé en mars 2025), ce chantier prévoit de réduire les voies de circulation, de planter environ 130 nouveaux arbres, de créer de vastes pelouses et espaces piétons, et de restaurer les fossés fleuris. Les monuments resteront en place, mais les travaux pourraient affecter l'accès à certaines parties de la place.
Conseils d'initiés
- Placez-vous au pied de l'obélisque et examinez les gravures du piédestal. Ce sont des schémas techniques illustrant les poulies, cordages et contrepoids utilisés pour ériger la colonne de 250 tonnes en 1836 — l'un des détails les plus sous-estimés de toute la place.
- L'Hôtel de la Marine, sur le côté nord de la place, a ouvert ses portes au public en tant que musée en 2021 après une restauration complète. Ses intérieurs fastueux du XVIIIe siècle, qui ont abrité le ministère de la Marine pendant plus de 200 ans, sont remarquables — et bien moins fréquentés que la place elle-même.
- Pour des photographies nettes des fontaines, arrivez juste après le lever du soleil en semaine. La lumière rasante sublime les sculptures en bronze, la circulation est quasi inexistante et le vent est généralement assez calme pour que l'eau tombe droit.
- Si vous venez la nuit, placez-vous au sud de l'obélisque et regardez vers le nord le long de la rue Royale : l'église de la Madeleine illuminée cadre la perspective à la perfection, un axe qui ressemble à peine à ce qu'il est le jour.
- La place doit faire l'objet d'une importante restructuration piétonne engagée depuis 2026. Si vous souhaitez la voir dans son état actuel — circulation comprise — c'est maintenant qu'il faut y aller.
À qui s'adresse Place de la Concorde ?
- Les amateurs d'histoire et d'architecture qui souhaitent comprendre Paris comme un projet urbain raisonné
- Les photographes qui travaillent sur le grand axe parisien à l'heure dorée ou après la tombée de la nuit
- Les visiteurs qui découvrent Paris et veulent relier à pied les Champs-Élysées aux Tuileries et au Louvre
- Les voyageurs passionnés par la Révolution française, désireux de se recueillir sur l'un de ses sites les plus chargés d'histoire
- Tous ceux qui souhaitent combiner leur visite avec le musée de l'Orangerie ou le musée Jacquemart-André
Attractions à proximité
Autres choses à voir à Champs-Élysées & Trocadéro :
- Arc de Triomphe
Dominant la place Charles-de-Gaulle de ses 49,5 mètres, l'Arc de Triomphe de l'Étoile ancre le plus grand axe de Paris. Sa terrasse offre l'un des plus beaux panoramas de la capitale, tandis qu'à sa base repose la Tombe du Soldat inconnu — un mémorial vivant ravivé chaque soir par une flamme.
- Champs-Élysées
Sur 1,91 km entre la Place de la Concorde et l'Arc de Triomphe, l'avenue des Champs-Élysées est à la fois la plus grande promenade de Paris et sa rue la plus débattue. Ce qu'il faut savoir, quand y aller, et comment en tirer le meilleur parti.
- Crazy Horse Paris
Depuis 1951, le Crazy Horse Paris propose sur l'avenue George V un mélange singulier de danse, de lumière et de scénographie. Le spectacle actuel, « Totally Crazy ! », dure environ 90 minutes et attire aussi bien les curieux que les habitués, séduits par cet équilibre unique entre tradition du cabaret et performance contemporaine.
- Grand Palais
Construit pour l'Exposition universelle de 1900 et fraîchement rouvert après une rénovation d'envergure, le Grand Palais est l'un des édifices publics les plus spectaculaires d'Europe. Sa nef en fer et en verre s'étire sur 240 mètres et abrite des expositions artistiques de renommée mondiale, des événements culturels et le musée des sciences Palais de la Découverte sous un même toit vertigineux.