Plaza Garibaldi : L'Âme du Mariachi à Mexico
La Plaza Garibaldi est le haut lieu du mariachi à Mexico, une place publique en plein air dans le Centro Histórico où les fanfares de trompettes et les lignes de basse du guitarrón envahissent l'air chaque soir. À mi-chemin entre institution culturelle et spectacle à ciel ouvert, elle révèle tout son charme aux visiteurs qui s'y aventurent après le coucher du soleil.
En bref
- Emplacement
- Eje Central Lázaro Cárdenas 43, Centro, Cuauhtémoc, CDMX
- Accès
- Garibaldi/Lagunilla (Lignes 8 & B) — environ 4 minutes à pied
- Temps nécessaire
- 1 à 2 heures (plus si vous restez pour les boissons et la musique)
- Coût
- Accès gratuit à la place ; les performances individuelles sont payantes (négociez le tarif avec les musiciens)
- Idéal pour
- Musique mariachi, ambiance nocturne, histoire culturelle mexicaine

Qu'est-ce que la Plaza Garibaldi ?
La Plaza Garibaldi est le centre incontesté de la culture mariachi à Mexico : une grande place pavée et ouverte, à la pointe nord du Centro Histórico, où des dizaines de groupes de mariachi se rassemblent chaque soir et rivalisent pour attirer l'attention dans un chaos de cuivres, de violons et de voix. Pas de billetterie, pas de tourniquets, pas d'expérience scénarisée. Vous entrez, la musique vous saisit d'emblée, et le reste se fait tout seul.
La place se trouve à l'intersection de l'Eje Central Lázaro Cárdenas et de plusieurs petites rues proches de la Colonia Guerrero, à quelques minutes à pied au nord du cœur historique et de ses grands monuments. Ce n'est pas une attraction touristique lisse au sens habituel du terme. Les pavés sont usés, les bars alentour ont connu de meilleures années, et toute l'animation repose sur la spontanéité. C'est précisément là que réside son charme.
💡 Conseil local
La place est techniquement ouverte 24h/24, mais l'effervescence commence vraiment vers 21h et culmine entre 22h et minuit. Arriver avant 20h en semaine sera décevant — seule une fraction des musiciens est présente et l'ambiance n'est pas encore au rendez-vous.
Petit historique : du marché de rue à la scène mariachi
Cette place a connu plusieurs vies. Ses noms anciens — Plazuela del Jardín et Plaza del Baratillo — faisaient référence à un grand marché de rue qui occupait autrefois l'endroit. En 1910, la ville lui a officiellement donné le nom de Plaza Garibaldi en hommage à Giuseppe Garibaldi, le révolutionnaire italien dont le petit-fils Giuseppe (José) Garibaldi combattit aux côtés des forces de Francisco Madero durant la Révolution mexicaine.
La tradition du mariachi sur la place s'est consolidée au début des années 1920, lorsque la cantina Salón Tenampa a ouvert en bordure de la plaza. Le Tenampa est devenu un point de rendez-vous pour les musiciens venus de Jalisco et de Nayarit en quête de travail — ils jouaient à l'intérieur comme à l'extérieur, et les clients les payaient pour des serenatas privées. Cet échange informel de main-d'œuvre a évolué pour devenir le spectacle organisé qui remplit aujourd'hui la place, où des formations entières en tenue de charro attendent de se produire à la demande.
Le mariachi a été inscrit en 2011 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité de l'UNESCO, et la Plaza Garibaldi en est la scène urbaine la plus emblématique. Pour mieux saisir les multiples facettes de la musique, de la gastronomie et de la vie de rue de la capitale, le guide complet des activités à Mexico dresse un panorama complet.
Ce que l'on ressent vraiment sur place
Mettez les pieds sur la place après 21h un vendredi ou samedi soir et la surcharge sensorielle est immédiate. Trois ou quatre groupes jouent parfois en même temps à portée d'oreille, leurs morceaux se superposant en un mur de trompettes concurrentes. L'odeur du tequila et du mezcal s'échappe des portes ouvertes des bars. Des vendeurs se frayent un chemin dans la foule avec des plateaux de snacks. Des couples fêtent anniversaires et occasions spéciales en commandant sur-le-champ une sérénade d'un groupe entier — vous croiserez des larmes de bonheur et des verres levés à la ronde dès les premières minutes.
Les musiciens sont le centre visuel de la place. Les tenues traditionnelles de charro — noires ou argentées avec une broderie élaborée, un pantalon ajusté orné de boutons métalliques courant le long des coutures, de larges sombreros — permettent d'identifier chaque groupe instantanément. La formation habituelle comprend des violons, des trompettes, une vihuela (petite guitare aiguë), un guitarrón (grande guitare basse) et une guitarra de golpe. Lorsqu'un groupe au complet entame un classique comme Cielito Lindo ou La Negra, le son est dense et physique — pas une musique de fond.
Pour une performance privée, approchez un groupe, indiquez le morceau et négociez le prix avant qu'ils commencent. Les tarifs ne sont pas fixes, mais attendez-vous à payer à la chanson. Les groupes acceptent aussi des réservations de type sérénade pour anniversaires ou occasions spéciales. Observer le processus de négociation en lui-même est amusant — les musiciens sont des vendeurs expérimentés et l'échange est toujours bon enfant.
De jour et de nuit : deux places radicalement différentes
En journée, la Plaza Garibaldi est en grande partie sans relief. Quelques musiciens en tenue civile peuvent être présents, mais l'énergie est absente. Les marchands ambulants et les passants traversent la place sans s'arrêter. Les éléments architecturaux — l'esplanade pavée centrale, les bâtiments d'époque coloniale qui l'entourent, le Museo del Tequila y el Mezcal (ainsi que le Mercado San Camilito) côté nord — sont visibles mais pas vraiment captivants en eux-mêmes.
À la nuit tombée, le même espace se métamorphose. L'éclairage change radicalement l'ambiance : la place est baignée de lumières chaudes et artificielles qui font briller les broderies métalliques des costumes et confèrent à la scène un aspect théâtral. Dès 22h le week-end, des groupes de 30 à 50 personnes forment des demi-cercles autour des musiciens, les écrans de smartphones allumés pendant que tout le monde filme. Les bars de la périphérie ouvrent grand leurs portes et la musique qui en sort rivalise avec celle de la place.
ℹ️ Bon à savoir
Le jeudi soir est plus calme que le vendredi et le samedi, mais l'ambiance reste bien présente — et vous aurez plus d'espace pour vous déplacer et échanger avec les musiciens sans être bousculé par la foule.
Le Museo del Tequila y el Mezcal
Du côté nord de la place, le Museo del Tequila y el Mezcal (MUTEM) propose un complément compact mais intéressant à l'expérience en plein air. Le musée retrace l'histoire et la production des deux spiritueux, avec des expositions sur les variétés d'agave, les méthodes de distillation et le rôle culturel de chaque boisson. L'entrée peut inclure une petite dégustation, mais mieux vaut vérifier directement auprès du musée le bon de boisson et les tarifs en vigueur avant de vous y rendre, car ces informations changent régulièrement.
La terrasse sur le toit du MUTEM est l'un des bons plans méconnus de l'endroit : elle offre une vue en hauteur sur la place en contrebas, et le bar sert tequila et mezcal pendant que la musique monte de la plaza sous vos pieds. Si vous souhaitez comprendre la différence entre les spiritueux à base d'agave avant de commander au bar, le guide du mezcal à Mexico entre dans les détails utiles.
Comment s'y rendre et informations pratiques
Le moyen le plus simple en transports en commun est le métro. La station Garibaldi/Lagunilla dessert à la fois la Ligne 8 (jaune) et la Ligne B (grise), et la place se trouve à environ 4 minutes à pied de la sortie. La station Bellas Artes (Lignes 2 et 8) est à environ 8 minutes à pied si vous venez du cœur historique, près de la cathédrale ou de l'Alameda Central.
Les applications de VTC — Uber, DiDi et Cabify — couvrent toutes le secteur et constituent l'option la plus pratique tard le soir, aussi bien pour arriver que pour repartir. Les rues immédiatement autour de la place peuvent être embouteillées les soirs de week-end, et votre chauffeur pourrait vous déposer à un pâté de maisons. Le guide des transports à Mexico détaille toutes les options de transport pour l'ensemble des quartiers.
La place elle-même est plane et pavée, ce qui la rend accessible à la plupart des personnes à mobilité réduite. Le sol est usé mais nivelé sur la majeure partie de la zone centrale. Les équipements d'accessibilité spécifiques, comme les toilettes adaptées, ne sont pas documentés dans les sources disponibles — les visiteurs ayant des besoins particuliers sont invités à contacter les lieux environnants à l'avance.
⚠️ À éviter
Les rues immédiatement au nord et à l'est de la Plaza Garibaldi jouxtent Tepito, l'un des quartiers les plus difficiles de Mexico. Restez vigilant, déplacez-vous en groupe après minuit et privilégiez une application de VTC plutôt que de rejoindre à pied une avenue principale en partant tard. La place elle-même est bien éclairée et animée, mais les rues alentour requièrent le même sens de l'orientation que vous adopteriez dans tout environnement urbain dense.
À qui cette place ne conviendra pas — et qui l'adorera
Si vous cherchez une expérience culturelle feutrée et bien orchestrée, la Plaza Garibaldi risque de vous décevoir. Rien n'y est subtil. Le volume est élevé, le démarchage est constant et le quartier environnant est brut. Les voyageurs en quête de confort raffiné ou particulièrement sensibles à la pression de la foule devraient envisager de découvrir le mariachi dans un cadre plus maîtrisé, comme un dîner-spectacle.
Pour tous les autres — et surtout pour ceux qui s'intéressent aux traditions de la musique populaire mexicaine, à l'énergie urbaine nocturne, ou simplement à quelque chose d'unique en son genre dans le monde entier —, la place tient toutes ses promesses. Elle s'intègre parfaitement dans une soirée qui commence du côté du Palacio de Bellas Artes et de l'Alameda Central avant de remonter vers Garibaldi pour un final en fanfare.
Conseils d'initiés
- Demandez El Son de la Negra si vous voulez entendre un groupe de mariachi dans toute sa puissance — c'est considéré comme un hymne officieux et la plupart des groupes le jouent avec une énergie particulière.
- Le Salón Tenampa, en bordure de la place, est en activité depuis environ 1923 et mérite bien une consommation, ne serait-ce que pour ses murs : des portraits de célébrités mexicaines du spectacle recouvrent presque chaque surface, et le personnel est habitué aux touristes.
- Apportez de l'argent liquide en petites coupures. Les musiciens préfèrent être payés en cash pour chaque chanson, et les pourboires en pièces susciteront une déception polie mais ferme.
- En semaine (du dimanche au mercredi), vous trouverez moins de monde et des musiciens plus enclins à discuter entre deux morceaux — une belle occasion d'échanger vraiment sur leur musique.
- Le bar en rooftop du MUTEM offre une vue directe sur la place en contrebas. Arrivez avant 21h pour trouver une bonne place avant l'affluence, puis regardez la plaza s'animer sous vos yeux au fil de l'heure suivante.
À qui s'adresse Plaza Garibaldi ?
- Les passionnés de musique qui s'intéressent au mariachi comme tradition culturelle vivante plutôt que comme spectacle mis en scène
- Les lève-tard et voyageurs du soir en quête d'une ambiance locale authentique une fois la plupart des sites touristiques fermés
- Les couples qui fêtent une occasion spéciale — une sérénade commandée sur la place laisse un souvenir inoubliable
- Les voyageurs qui souhaitent clore une promenade en soirée dans le Centro Histórico en beauté
- Les explorateurs culinaires et gastronomiques curieux du lien entre la culture du mezcal et la musique populaire mexicaine
Attractions à proximité
Autres choses à voir à Centro Histórico :
- Alameda Central
Fondée en 1592, l'Alameda Central est le plus ancien parc public des Amériques et le poumon vert du centre historique de Mexico. Bordée par le Palacio de Bellas Artes et un ensemble d'institutions d'époque coloniale, elle est accessible gratuitement, avec ses allées ombragées et l'animation quotidienne de la ville à portée de main.
- Calle Madero
L'Avenida Francisco I. Madero relie le Zócalo à la Torre Latinoamericana le long de l'une des plus anciennes rues des Amériques. Accessible à toute heure et sans frais, elle concentre architecture coloniale, spectacles de rue et vie urbaine quotidienne dans un seul corridor qui fait office de leçon d'histoire à ciel ouvert.
- Casa de los Azulejos
La Casa de los Azulejos est l'une des façades les plus photographiées de Mexico, entièrement revêtue de carreaux de Talavera bleu et blanc venus de Puebla. Avec des origines documentées au XVIe siècle et un restaurant Sanborns depuis 1919, l'entrée est gratuite et c'est l'une des rares occasions de pénétrer dans un palais baroque qui a traversé des siècles d'histoire.
- Marché artisanal La Ciudadela
Le Mercado de Artesanías de La Ciudadela est l'un des plus grands marchés d'artisanat de Mexico, avec plus de 350 marchands proposant des créations à la main venues de 22 États. L'entrée est gratuite, la qualité va du souvenir touristique à la pièce de collection, et savoir s'y orienter fait toute la différence.